Trailer Noli me tangere, 81′, 2019

Un film de Christophe Bisson Version originale : français. Sous-titres : anglais. Scénario : Christophe Bisson, Vincent Mégie. Image : Christophe Bisson. Assistant image : Antoine Cordier Assistante Réalisation : Caroline Adam. Prise de son : Thomas Clolus. Montage :…

Trailer Noli me tangere, 81', 2019

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Un film de Christophe Bisson
Version originale : français. Sous-titres : anglais. Scénario : Christophe Bisson, Vincent Mégie. Image : Christophe Bisson. Assistant image : Antoine Cordier Assistante Réalisation : Caroline Adam. Prise de son : Thomas Clolus. Montage : Christophe Bisson. Création sonore : Alexandre Le Petit. Avec : Victor Bury, Joël Bossard, Robert Guillard, Gilles Letourneur, Philippe Vacquin, Jean-Raymond Caillot, Patrick Vanier, Philippe Bompain, Vincent Mégie.

Ecrite par Jean ou peinte par Giotto, la scène est connue. Deux mains s’avancent vers le corps de Jésus, sa voix retient le geste de Marie-Madeleine : « Ne me touche pas ». Soit, selon Jean-Luc Nancy : « ne me retiens pas, laisse-moi aller, ne pense ni me saisir ni m’atteindre ». Cette prière, ce commandement, Christophe Bisson ne cesse de les filmer sur les visages d’hommes et d’une femme esquintés par des vies qu’ils ont préféré poursuivre en retrait de la société, en marge du monde. Les variations atmosphériques d’un même paysage scandent la succession des portraits : vue d’une ville au loin, perdue dans la brume ou l’obscurité. Entendre la prière, s’abstenir de saisir, c’est faire preuve du plus grand tact dans l’approche de ces vies et la conduite du cinéma : ne rien chercher à comprendre ou expliquer, mais passer du côté des rescapés, se tenir ou marcher à leur côté et recueillir ce qu’ils veulent bien confier des manies et rituels par lesquels ils s’accrochent au rebord du monde. Jouer du piano, caresser des photos, serrer des bouts de pain sec avant de les jeter aux canards, dessiner en psychogéographe poursuivi par des monuments le plan d’un Paris déformé, tracer le trajet d’un fragment de vie sur le fonds blanc d’une carte d’Italie, écrire une lettre à sa sœur pour la rassurer… Tels sont les paradoxes du toucher et de la distance : c’est en filmant au plus près les mains et les gestes que Bisson, sans forcer aucun secret, accède à ces douleurs muettes et parfois murmurées. Mains qui n’en finissent pas de toucher, autant de contacts maintenus avec l’existence, pour malgré tout rester vivant. (Cyril Neyrat, FID Marseille)

Either written by John or painted by Giotto, the scene is famous. Two hands come close to Jesus’ body, but his voice stops Mary Magdalene’s gesture: “Don’t touch me”. Which means, according to Jean-Luc Nancy: “Don’t cling to me, let me go, don’t think about holding me back or reaching me.” Christophe Bisson keeps filming this prayer, this commandment, on the faces of several men and
a woman scarred by life, who have chosen to withdraw from society and live on the margins of the world. This series of portraits is interspersed with atmospheric variations over the same landscape: the view of a city in the distance, lost in
the haze or in the dark. By hearing this prayer and refraining from seizing his subjects, the director shows the greatest tact in his approach of these lives and in his practice of cinema: he doesn’t try to understand or to explain anything,
he simply puts himself on the side of survivors, stands or walks by their sides, and records what they are willing to show him about the small habits and rituals by which they cling on to the edges of the world. Playing the piano, caressing photographs, squeezing pieces of stale bread before feeding them to the ducks, drawing a skewed map of Paris like a psycho-geographer haunted by monuments, tracing the route of a piece of one’s life over a map of Italy, writing a letter to one’s sister to reassure her… Such are the paradoxes of touch and distance: it is by filming hands and gestures as closely as he can that Bisson, without extorting any secret, gains access to silent or sometimes whispered pains. Hands keep touching again and again, to keep in contact with existence, to stay alive in spite of everything.

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